Témoignage – Aurélie Muller : « En tant que nageur, on a tout perdu en termes de sensations »

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Série – Comment les sportifs mosellans s’entraînent pendant le confinement ?
En cette période de confinement, les sportifs mosellans sont contraints de s’adapter pour s’entretenir physiquement. Les problématiques sont presque identiques dans tous les sports : pas d’accès aux structures, report des compétitions, absence de date de reprise… Huitième épisode de notre série avec la nageuse Aurélie Muller.

Comment fait-on pour s’entraîner sans piscine quand on est nageuse ?

On fait comme on peut. Je suis à Nice, parce qu’au début du confinement, le Grand Est était très touché. Chez mes parents, il y a mon frère, sa copine, etc… L’espace était un luxe à ce moment-là. Je pensais que même sans piscine, je pourrais aller en mer. Mais évidemment, au début, beaucoup de personnes ne respectaient pas les règles, alors le maire de Nice a tout fermé. Je suis le programme du préparateur physique. On a ramené du matériel de la salle de musculation, mais je n’ai pas de vélo, pas de rameur, simplement des haltères et des élastiques. J’essaie de faire entre une heure et une heure et demie par jour. En tant que nageur, on a tout perdu en termes de sensations.

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Comment se passe le confinement à Nice ?

Plutôt bien, même si ça commence à être long. Mon corps s’adaptait bien au début, mais maintenant, c’est comme les grandes vacances, en août. Mon corps se réveille et commence à avoir besoin de bouger davantage. Il va falloir tenir. J’essaie de compenser la demande de mon corps en faisant plus de sport, mais au bout d’un moment, on n’a plus d’idée et seule, ce n’est pas facile de se motiver. Sinon, je suis en collocation, on fait au mieux. Heureusement que je ne suis pas seule , ça aurait été encore plus dur. On essaie de s’occuper. J’essaie de faire des choses que je n’ai pas l’habitude ou pas le temps de faire en temps normal comme lire. Je me suis même mise au défi de faire un puzzle de 6000 pièces ! Ça occupe pas mal (rires). Sinon, les séries, les réseaux sociaux et le contact avec ma famille.

« Ça frustre un peu, on n’a pas pu évaluer
le fruit du travail effectué cette saison
 »

Les JO sont reportés. C’est frustrant quand on sait qu’on s’y prépare depuis longtemps ?

L’objectif est toujours là, on rajoute une année supplémentaire. J’ai très bien accepté la décision, c’était la meilleure à prendre. Pour ma part, comme je n’étais pas qualifiée en eau libre et que mon nouvel objectif était sur 1500m, ça me laisse plus de temps pour me préparer. Mais c’est sûr que quand le confinement a été déclaré, on était à un mois des Championnats de France pour la qualification olympique, donc pour ceux qui étaient prêts… Ça frustre un peu, on n’a pas pu évaluer le fruit du travail effectué cette saison. C’est comme ça, la santé d’abord. Cette saison blanche, il faut bien la gérer. Le plus dur sera de gérer le confinement et la reprise. Les vacances de juillet/août, on n’en aura pas. Tout est décalé, il faut faire un nouveau planning avec le groupe et l’entraîneur. La nouvelle dynamique sera au mois de septembre ou octobre, avec les Jeux en ligne de mire.

Et avec votre entraîneur, comment ça se passe en ce moment ?

Pour l’instant, il n’y a pas grand-chose. On n’a pas encore d’information de notre fédération concernant les compétitions. On ne sait pas quand est-ce que l’on va pouvoir reprendre. Est-ce que le 11 mai on pourra s’entraîner à nouveau ? On n’en sait rien.  Je pense que juin, juillet et août, c’est mort. L’été prochain, les Championnats du Monde devaient avoir lieu, mais maintenant il y a les Jeux, ça non plus, on ne sait pas comment ils vont faire. On ne peut rien planifier et on ne connaît pas les objectifs. On attend que ça se finisse, comme tout le monde, et que les décisions soient prises par la fédération. Avec l’entraîneur, on prévoit plusieurs options, mais on attend.

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Propos recueillis par Florian Tonizzo

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