Solidarité : la Horda Frenetik collecte des fonds pour les personnels de santé

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A défaut de pouvoir se rendre dans les travées du Stade Saint-Symphorien pendant cette période de confinement, La Horda Frenetik 1997 a trouvé un autre moyen de donner de la voix. Le célèbre groupe de supporters du FC Metz de la tribune Est a officiellement lancé, mardi soir, une cagnotte pour les personnels de santé. L’objectif de la démarche : apporter du réconforts aux soignants des établissements de santé de Metz et ses environs par des petits gestes au quotidien. Comment cette opération a pris forme et a quoi vont servir les fonds récoltés ? Éléments de réponses avec Virgile Bettinger, l’un des leaders de la Horda.

L’opération a officiellement été lancée mardi soir. D’où est parti ce mouvement de solidarité ?

Ça faisait un moment qu’on réfléchissait à ce que l’on pouvait faire pour se rendre utile pendant le confinement. On attendait l’évolution de la situation pour connaître les possibilités de sortie et savoir ce qui était faisable. On a vu qu’ailleurs en France et en Europe, ça se faisait, donc on a décidé de se lancer. C’est venu de quelques personnes de notre groupe. Le constat de base, c’est que nos sœurs, nos filles, nos cousines, nos femmes sont en première ligne et que c’est difficile pour elles. Donc l’idée, c’était d’essayer, avec nos moyens et en respectant les consignes de sécurité, de leur apporter de l’aide et du réconfort. On est une trentaine de personnes à bosser dessus. Ça s’est mis en place assez rapidement parce qu’on a l’habitude de réaliser ce genre d’actions. On profite déjà de notre structure existante.

La cagnotte a déjà atteint la somme de 6 800 euros en moins de trois jours. Vous vous attendiez à un tel élan de solidarité en si peu de temps ?

Pas du tout ! Honnêtement, on espérait collecter environ 2 000 euros. On se disait que ça faisait une belle somme pour faire une tournée de plusieurs établissements de santé. Là, 6 800 euros, c’est vraiment bien ! Ça va nous permettre de multiplier les établissements et d’envisager plusieurs tournées. D’ailleurs, demain (samedi 4 avril), on fait notre première livraison dans une dizaine d’établissements. On n’a pas encore finalisé la liste et on ne communique pas de nom parce que, si jamais on s’engage auprès d’un établissement et qu’il y a un problème… Pour la suite, on verra ensuite en fonction de l’évolution de la cagnotte et le retour des magasins pour en organiser d’autres. Au départ, les enseignes nous faisaient des remises commerciales, mais maintenant, des magasins nous proposent des dons de matériels et de denrées. Donc ça se rajoute à la cagnotte. La cagnotte n’a pas de date de fin, tant que la situation l’exigera et tant qu’on sera en période de confinement, on continuera d’apporter notre aide.

« Notre démarche a pour but d’aider directement le personnel en première ligne. »

Avec cette somme, vous allez essentiellement acheter des denrées alimentaires, mais aussi du matériel en fonction des besoins.

On a essayé dès le début de trouver du matériel médical, mais tous les fournisseurs étaient réquisitionnés par l’État. Il y avait une initiative lancée par Génération Grenat (autre groupe de supporters du FC Metz) pour acheter des masques. Avec leurs contacts, ils avaient réussi à faire venir des masques de Pologne. On n’avait pas leurs contacts, donc nous, on a ciblé notre action sur le « réconfort » : acheter des produits simples comme des sodas, des briques d’oranges des barres de céréales, du thé, du café… des produits qu’on peut remettre directement au personnel de santé. Plutôt que de financer un hôpital, notre démarche a pour but d’aider directement le personnel en première ligne. On essaie d’identifier les besoins spécifiques et réels du terrain et on travaille dessus tous les jours. Par exemple, on essaie de trouver des produits de soin pour les mains et le visage, comme ils ont la peau irritée à force de se laver les mains, de porter des gants, des masques serrés… On pense aussi à acheter des micro-ondes  et des postes de radio pour les salles de pause. Pour les seniors, on va acheter des tablettes pour les occuper, comme ils sont isolés. À l’Hôpital de Forbach, ils ont besoin d’un ordinateur portable. Avec nos contacts, on essaie de trouver ces produits.

Avez-vous reçu du soutien de la part du FC Metz ?

Le club a relayé la cagnotte sur son site et ses réseaux sociaux. Quand on effectue des démarches par e-mail, on ajoute le soutien du FC Metz pour apporter de la crédibilité. Le club est présent dans les échanges de mails de tous les groupes de supporters et essaie d’apporter de la visibilité à nos actions.

« Le principal, c’est de montrer que les groupes de supporters du FC Metz peuvent être unis quand le jeu en vaut la chandelle. »

Il y a aussi l’association Cœur Grenat regroupant tous les groupes de supporters messins, qui collecte des fonds. Cette fois, pas d’adversité entre groupes, c’est toute la famille FC Metz qui oeuvre dans le même sens ?

C’est ça. Au départ, Cœur Grenat a organisé une collecte avec les autres groupes de supporters du club pour faire un don financier au CHR Metz-Thionville. Nous, on avait déjà commencé notre opération de notre côté donc on a préféré rester sur notre action car tout était déjà en place. Mais c’est vrai que pour le coup, il n’y a aucune initiative personnelle d’aucun groupe. Personne n’essaie de se mettre en avant, ce n’est pas le moment de vouloir faire chacun de son côté ou mieux que l’autre. C’est pour ça que même si on n’a pas rejoint la cagnotte de Cœur Grenat, on a quand même soutenu leur initiative. Et pour Gruppa Metz et Génération Grenat, c’est pareil. Dès le départ, ils ont spontanément relayé notre cagnotte. Entre groupes de supporters, on peut s’entraider. L’idée, c’est d’être vraiment solidaire et unis dans ces moments difficiles. Si on veut aider des gens, il faut qu’on adopte le même comportement et qu’on renvoie une bonne image. Le principal, c’est de montrer que les groupes de supporters du FC Metz peuvent être unis quand le jeu en vaut le chandelle. À termes, toutes les actions entreprises ont un réel impact sur le moral et la santé des personnels soignants.

Quelles sont vos autres actions pendant le confinement ?

Pour l’instant, la cagnotte est notre seul projet. On avait réfléchi à d’autres formes d’actions possibles, mais avec le confinement et les consignes de sécurité, ça limite les actions possibles et réalisables. Par exemple, pour la livraison de demain, nous sommes seulement trois personnes pour respecter un maximum les consignes. On est nombreux à travailler sur le projet à la maison. Il ne faut pas oublier que nous sommes bénévoles : certains travaillent encore, d’autres sont en télétravail… On réfléchit à d’autres actions. Si jamais il y a une bonne idée réalisable et sans risque, on pourra la mettre en place, en fonction de nos moyens.

La cagnotte : https://bit.ly/3aLz4gQ

Propos recueillis par Florian Tonizzo.

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