Vendredi 7 août

Santé : les élus mosellans s’unissent pour écrire à Olivier Véran

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Pour manifester leurs inquiétudes par rapport à la situation sanitaire en Moselle, des élus du département ont écrit à Olivier Véran, le ministre de la Santé. Pour l’instant, leur démarche est sans réponse…

Ils ont le plus souvent des opinions divergentes et sont adversaires sur l’échiquier politique. Mais devant la situation sanitaire qui touche actuellement la France et leur département, des élus mosellans ont décidé de s’unir et de faire bouger les lignes. Il faut dire que la sonnette d’alarme tirée en début de semaine par Marie-Odile Sallard, la directrice du cHR Metz-Thionville n’est pas passée inaperçue au plan local et davantage encore à l’échelon national avec des reportages et des duplex sur de nombreuses chaines de télévision.

Parmi les signataires de cette lettre, il y a Jean-Marc Todeschini sénateur PS et ancien Ministre, Patrick Weiten (photo) Président du CD Moselle UDI, ancien député, François Grosdidier, sénateur LR, Richard Lioger, député LREM, Fabien Di Filippo, député LR SGA des Républicains, Jean-Marie Mizzon sénateur UDI président des maires ruraux de Moselle, Dominique Gros maire PS de Metz, Jean-Luc Bohl, président UDI de la Métropole de Metz, 1er VP du CR Grand Est, Dr Pierre Cuny, médecin endocrinologue, maire de Thionville DVD, président du Sillon Lorrain (regroupant 16 communautés de communes ou d’agglo et 1 300 000 habitants) et Céleste Lett maire de Sarreguemines LR et président des Maires de Moselle.

Courrier informatif à Edouard Philippe

Ces poids lourds de la politique mosellane ont décidé d’interpeler et d’alerter Olivier Véran, le ministre de la Santé, à travers un courrier envoyé à son directeur de cabinet et à son directeur de cabinet adjoint en charge de la Santé. Ils font part de la situation réellement catastrophique de l’ensemble des hôpitaux de Moselle. Un courrier a également été adressé pour information au premier Ministre Edouard Philippe par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, au directeur général de l’ARS Grand Est et au Préfet de la Moselle.

Voici ce courrier

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons par la présente et de manière urgente, vous souligner la situation très critique dans laquelle se trouvent nos hôpitaux en Moselle.

Après le Haut Rhin, la Moselle est le département le plus touché par la pandémie qui sévit dans notre pays. Comme l’a souligné la directrice du Centre Hospitalier Régional, malgré une mobilisation exemplaire de tous les acteurs, le nombre de places disponibles en réanimation reste insuffisante en Moselle pour faire face à la crise.

Des transports de malades vers des zones moins touchées sont indispensables pour tenir face à l’arrivée des nouveaux patients à hospitaliser en réanimation. Jusqu’à présent, ces transports ont été possibles surtout grâce à la solidarité d’autre pays d’Europe : Allemagne, Autriche, Suisse et Luxembourg. Mais peu encore dans l’hexagone. Or, nous connaissons de nombreuses disponibilités qui nous ont été signalées dans d’autres CHU et nous vous demandons instamment que la régulation nationale nous permette d’y accéder afin qu’un lien puisse être maintenu entre les familles et les équipes soignantes.

En outre, nous souhaitons également attirer toute votre attention sur l’alerte lancée par le Dr Khalifé KHALIFE, président de la Commission Médicale d’Etablissement du CHR de Metz-Thionville. Ce médecin s’exprime pour son hôpital, mais également au nom de ses collègues des autres hôpitaux mosellans, confrontés aux mêmes problématiques.

Il a souligné auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et du directeur de l’ARS Grand Est la pénurie dramatique de médicaments indispensables aux traitements des malades du COVID-19. Pour certains d’entre eux permettant la ventilation par respirateur, comme des anesthésiques et des curares, les réserves sont comprises entre vingt-quatre heures et cinq jours.

La directrice générale du CHR et ses homologues des autres hôpitaux, publics comme privés, ont déployé jusqu’ici une remarquable coopération de moyens et de personnels qui, malheureusement, touche aujourd’hui ses limites.

En plus de la saturation complète aujourd’hui des lits de réanimation dans nos hôpitaux, et à laquelle ils ne peuvent faire face, ils se trouveront dans quelques heures en rupture des spécialités suivantes : Midazolam 50 mg, curares (cisatracurium, atracurium, rocuronium), propofol, morphine, vallium et rivotril.

Monsieur le Ministre, il ne s’agit pas ici de politique, mais d’urgences vitales pour des Mosellanes et des Mosellans.

Depuis près d’un mois, les soignants mosellans du secteur public, privé, comme libéral, sont en première ligne face à cette pandémie. Notre devoir, au-delà de nos sensibilités partisanes, est de les soutenir et d’intervenir auprès de vous, afin que vous puissiez agir en urgence en faisant mettre au plus vite à disposition ces médicaments.

Monsieur le Ministre, nous vous demandons instamment d’apporter des réponses à la mesure de la crise sanitaire tragique que traverse la Moselle, qui est aujourd’hui l’un des départements les plus sévèrement touchés.

Nous vous prions d’accepter, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Jean-Marc TODESCHINI, Patrick WEITEN, François GROSDIDIER,

Jean-Marie MIZZON, Fabien DI FILIPPO, Richard LIOGER,

Jean-Luc BOHL, Dominique GROS, Dr Pierre CUNY, Céleste LETT.
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