CHR Metz-Thionville – Marie-Odile Saillard : « il ne faut pas qu’il y ait un drame »

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Avec une nette décrue des patients covid-19, le CHR Metz-Thionville aborde avec prudence la deadline du déconfinement. Profitant de cette accalmie, les médecins reprogramment les chirurgies devenues urgentes, tout en se tenant prêts, dès le 11 mai, à faire face à une 2ème vague de l’épidémie, que tous espèrent maîtrisée… 
« Anticiper ».

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus en Moselle, c’est le maître mot de la directrice générale du CHR Metz-Thionville. Si depuis deux semaines, le nombre de patients covid-19 ne cesse de baisser, des urgences à la réanimation, Marie-Odile Saillard préfère prévenir…

« C’est avec une prudence de sioux que nous adaptons nos organisations pour être au plus près d’une éventuelle reprise », explique-t’elle. « Nous savons que nous avons une fenêtre qui va de aujourd’hui au 11 mai. Nous prenons le pari, pas trop risqué, que ça ne reflambera pas dans les quinze jours ». 

Pour les deux semaines à venir, des blocs opératoires seront rouverts afin de parer aux chirurgies déprogrammées, donc certaines sont devenues urgentes au fil des jours. C’est le cas pour les personnes atteintes de diabète ou de maladies rénales par exemple. 

« On sera tous appelés à rencontrer le virus »

Cette accalmie bienvenue sera également propice à la prise de repos pour le personnel, mis à rude épreuve depuis la mi-mars. « Les équipes ont besoin de se refaire une santé », avertit Marie-Odile Saillard. D’autant plus qu’ « on sera tous appelés à rencontrer le virus ». Pour atteindre l’immunité collective, prônée par le gouvernement, 60% de la population doit avoir été contaminée afin d’empêcher la propagation du virus. 

« Il faudra bien nous déconfiner mais il ne faut pas qu’il y ait un drame », avertit la directrice du CHR. « La première phase c’est fait. Il faut maîtriser la 2ème, la 3ème, la 4ème… ». 

L’objectif est, une nouvelle fois, d’empêcher la saturation des hôpitaux. Face à une nouvelle vague de l’épidémie, Marie-Odile Saillard assure pouvoir réarmer une centaine de lits de réanimation dédiés au covid-19, comme au plus fort de la crise le mois dernier.

Un réarmement des lits qui ne sera possible que si les respirateurs commandés par l’Etat sont livrés rapidement. « Tout le monde sait bien qu’il faut qu’on les ait avant le 11 mai mais nous n’avons pas de visibilité sur la commande », précise la directrice du CHR. Après avoir dû lancer un cri d’alerte fin mars, elle espère que ces respirateurs seront adaptés et surtout « attribués en fonction des risques épidémiologiques démontrés et non de de la puissance des structures » hospitalières. 

« Redonner confiance à la population »

Hors patients covid-19, le CHR Metz-Thionville n’a pu opérer que des urgences extrêmes. Faute de lits mais aussi de l’angoisse des malades face à la propagation du covid-19. « Les gens ont aussi peur des salles d’attente que du métro de Paris », estime Marie-Odile Saillard. 

Pour le CHR de Metz-Thionville, au delà des soins de suite et de réadaptation post-covid, tout l’enjeu est d’anticiper au mieux l’après-déconfinement. L’objectif « à plus ou moins long terme » est de séparer et sécuriser les filières covid et non-covid, afin de « redonner confiance à la population » et que chacun puisse se faire soigner dans des conditions sereines. 

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