Mercredi 8 avril

Coronavirus : la galère de Mosellans aux Philippines pour rentrer en France

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Un voyage de rêve qui vire au cauchemar. Faute d’avion, des centaines de Français, dont les Mosellans Julien et Calogero, sont actuellement bloqués aux Philippines à cause de la pandémie de Coronavirus. Sans savoir concrètement quand ils pourront rentrer chez eux.

Pourquoi êtes-vous aux Philippines ?

Julien Capoulun : « Dans le cadre d’un voyage d’un mois avec un pote. On avait entamé notre circuit aux Emirats Arabes Unis, à Dubaï avant de poursuivre aux Philippes et de terminer, initialement, au Japon.
Nous avions prévu de visiter trois villes aux Philippines : Angeles/Clark, Cebu et la capitale Manille. A notre arrivée à Cebu, notre vol vers Manille a été annulé à cause d’une nouvelle politique beaucoup plus restrictive qui venait d’être mise en place. Le président Rodrigo Dutert a mis Manille en quarantaine jusqu’au 14 avril ! De peur d’être bloqués à Cebu, nous avons rapidement pris un avion pour revenir à l’aéroport de Clark International, pensant qu’il y aurait plus de vols possibles. »

 

Quelle est votre situation ?

JC : « Nous sommes actuellement en résidence dans un hôtel, l’un des rares encore ouverts dans la ville où nous sommes. Nous avons même dû en changer puisque le premier a fermé. On ne peut pas trop sortir car le quartier n’est pas très « rassurant », et que de toute façon tout, ou presque, est fermé. Pour la nourriture, on se fait livrer quand on arrive à trouver quelque chose, souvent le midi et pas le soir. »

« Nous nous sommes retrouvés piégés assez rapidement sans s’y attendre. »

Quelle est la situation des Philippines face au coronavirus ?

JC : « Lorsque nous sommes arrivés dans le pays, il y avait encore peu de cas déclarés et quasiment pas la moindre restriction. Les choses ont très vite changé en quelques jours face à la situation internationale. Beaucoup de villes et aéroports ont commencé à fermer ou à réduire drastiquement leurs trafics. Nous nous sommes retrouvés piégés assez rapidement sans s’y attendre. »

Quand deviez-vous rentrer en France ?

JC : « Nous devions rentrer en France le 4 avril, après notre halte au Japon. Mais nos plans sont annulés et on espère désormais rentrer le plus tôt possible.

Nous avons contacté l’ambassade française, qui nous a conseillé, à l’oral et sur son site internet, d’envoyer un mail avec nos coordonnées et les détails de notre situation. Nous n’avons eu aucune nouvelle pendant plusieurs jours, jusqu’à un nouveau post sur le site, qui demandait à nouveau d’envoyer ses coordonnées à une adresse différente, cette fois. Nous avons finalement réussi à trouver des vols pour rentrer par nos propres moyens, nous ne souhaitons pas attendre que la situation empire et prendre le risque d’être totalement bloqués. »

« La situation de la France est, paradoxalement, pire que celle aux Philippines »

A quoi ressemble votre quotidien ?

JC : « Nous avons la chance d’avoir un hôtel avec un certain standing. On passe donc nos journées à s’occuper. Il y a notamment une piscine, ce qui est toujours agréable. »

Etes-vous en relation avec vos proches en France ?

JC : « Je suis en contact quotidien avec mes parents pour les tenir informés de la situation. Ils me donnent aussi des nouvelles de la France, dont la situation est, paradoxalement, encore pire. »

Comment sont perçues les décisions d’Emmanuel Macron aux Philippines ?

JC : « Nous avons effectivement suivi les différents discours du président depuis les Philippines. Il est toujours rassurant de savoir que les expatriés ne sont pas oubliés et cités lors de ces annonces. Pour autant, à notre niveau, nous n’avons pas eu l’occasion d’en voir les effets réels. Il faut dire que notre situation n’est peut-être pas la plus urgente »

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